La murale est centrée sur le récit ancien de Glooscap et du castor géant, que les Wolastoqey se
sont transmis oralement depuis plus de trois cents générations avant que cette chaîne se brise
au siècle dernier. Au centre de l’œuvre se trouve Glooscap, à la fois héros culturel et divinité
des Abénaquis (une confédération de peuples autochtones Mi’kmaq, Wolastoqiyik,
Passamaquoddy, Penobscot et Abénaquis, qui vivent au Canada atlantique et en Nouvelle-
Angleterre). Glooscap avait la charge de dompter les grands animaux et de façonner les paysages de ces régions. Derrière lui, on aperçoit son frère aîné Mikumsesu et, autour d’eux, la
flore et la faune locales.
L’histoire raconte de quelle façon, il y a des milliers d’années, Glooscap a aidé les
Wolastoqey à résister aux inondations et à rendre leur terre plus hospitalière en détruisant un
énorme barrage de castors à l’embouchure de la Wolastoq (rivière Saint-Jean) et en réduisant
la taille du castor géant à celle qu’il a aujourd’hui. Une fois que ce fut fait, les niveaux d’eau ont
baissé et donné naissance au Grand Lac et à d’autres entités de la géographie particulière de la
belle vallée fluviale. Les vêtements de Glooscap et de Mikumsesu rappellent les tenues
traditionnelles des Wolastoqey, comme la coiffure à plumes verticales de Glooscap et les petits
motifs décoratifs à double courbe visibles un peu partout.
Au cours de la dernière période glaciaire, les Maritimes étaient recouvertes d’une
couche de glace d’un kilomètre d’épaisseur. Quand la glace a commencé à fondre, il y a quelque
15 000 ans, un immense lac d’eau douce a rapidement rempli la vallée de la Wolastoq/Saint-
Jean – y compris l’endroit où vous vous trouvez actuellement – à perte de vue. Cette étendue
d’eau était retenue par un énorme barrage de glace et de matériaux naturels près de
Saint John. Les vestiges archéologiques montrent que des peuples autochtones ont habité cette
région alors que le barrage de glace était toujours présent et qu’ils vivaient parmi des castors
géants, aujourd’hui disparus. Lorsque le barrage s’est rompu et que les eaux se sont lentement
retirées jusqu’à leur niveau actuel, les occupants se sont déplacés sur les nouvelles rives.
Les populations autochtones locales ont gardé la mémoire de ces épisodes dans des
récits qu’elles se sont transmis sur des milliers d’années. L’artiste dédie cette murale à ses
ancêtres qui ont gardé ces récits vivants.
Percy Sacobie, artiste de Sitansisk (Première Nation de St. Mary’s), s’inspire de sa culture, de ses
traditions, de son passé et de la langue wolastoqey pour créer son art. Il utilise plusieurs moyens
d’expression, comme le bois, les perles, la peinture et l’infographie.
