Le canot du grand-père Akwiten : le plus vieux canot en écorce de bouleau du monde

Le patrimoine de pagayage et de fabrication de canots des Wolastoqiyik remonte à des millénaires. De nos jours, la conception des canots à membrures est fondée en grande partie sur celle des canots trouvés à l’origine sur la Wolastoq.

En fait, le plus vieux canot du monde, le canot du grand-père Akwiten, qui a été fabriqué de manière traditionnelle avec de l’écorce de bouleau, est exposé au Musée des beaux-arts Beaverbrook, au centre-ville de Fredericton.

Le canot du grand-père Akwiten a été fabriqué par les Wolastoqiyik dans les années 1820.  En 2009, après 180 ans et une traversée de l’Atlantique, ce grand canot de transport a été rapatrié sur son territoire d’origine depuis l’Europe au terme d’un travail de longue haleine mené par G. Wayne Brooks, aîné, artiste et fabricant de canots Wolastoqey respecté, et sa famille.

Les Wolastoqiyik de Sistansisk (Première Nation de St. Mary’s) ont célébré le retour du canot du grand-père Akwiten en 2009 lors d’une cérémonie de purification par la fumée, avec des tambours, des chants et des danses.

« Nous sommes des Wolastoqiyik, ce qui signifie "peuple de la rivière" », avait déclaré Candice Paul, alors cheffe de la Première Nation de St. Mary’s. « Ce canot est donc le symbole de qui nous sommes et il représente notre peuple. »

Le canot du grand-père Akwiten a été fabriqué par les Wolastoqiyik à partir d’arbres provenant des forêts du Nouveau-Brunswick. Pour sa fabrication traditionnelle, l’écorce de bouleau avait été façonnée sur des membrures en cèdre, fixées avec des racines d’épinette noire, puis étanchéisées avec de la résine de pin et de la graisse d’ours. Sur toute sa longueur, le canot était également muni de bouées cousues à la main et décorées de fleurs et de crosses de fougère, décorations et motifs qu’utilisent encore aujourd’hui les fabricants de canots Wolastoqey.

L’histoire du canot remonte à 1825 et à Stepney St. George, un capitaine de l’armée britannique qui était en garnison dans ce qu’on appelait alors la colonie du Nouveau-Brunswick. Lorsqu’il est parti de la colonie, le capitaine a expédié trois canots, dont celui du grand-père Akwiten, à sa maison historique familiale, soit le château Headford dans le comté de Galway, où il est demeuré pendant plus de vingt ans. Le canot s’est finalement retrouvé à l’Université nationale d’Irlande, où il est resté jusqu’au XXIe siècle, accumulant la poussière dans un entrepôt. Par chance, le canot avait été entreposé au-dessus d’un escalier ouvert où l’humidité du climat irlandais avait permis à l’écorce, aux membrures et aux racines d’épinette noire de rester humides et intactes.

À l’issue de négociations, le canot a été expédié de l’Irlande au Musée canadien des civilisations afin d’y être restauré. En 2009, le canot restauré du grand-père Akwiten a été envoyé au Musée des beaux-arts Beaverbrook de Fredericton, où il est maintenant exposé.

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